Passer au contenu principal
CharityMonitor accueil

Toutes les notes

Comment vérifier un organisme dans les dix minutes qui suivent une catastrophe

Donner · Publié le 12 août 2026 · lecture de 6 min

Une catastrophe produit deux choses à la fois : un besoin réel, et une fenêtre pendant laquelle personne ne peut rien vérifier. Les sollicitations arrivent en quelques heures. Les organisations qui interviennent existent depuis quatre-vingts ans ou depuis huit jours. Les données publiées ne décrivent ni les unes ni les autres, parce que les plus récentes portent sur 2024.

Cette note traite de ce qui se vérifie dans cette fenêtre. Elle ne recommande aucun organisme et ne vous dira pas lesquels font du secours d’urgence — pour une raison qui s’avère structurelle, et qu’il vaut la peine de connaître avant de faire confiance à une liste qui prétend le contraire.

La seule vérification rapide, gratuite et décisive

Confirmez que l’organisation est un organisme de bienfaisance enregistré ou un autre type de donataire reconnu dans la liste de l’ARC elle-même. Ce registre fait autorité, il est mis à jour au fil des changements d’enregistrement, et la vérification prend une trentaine de secondes :

Cela dépasse la question du reçu. L’ARC : « Lorsque vous faites un don à des organisations qui ne sont pas des donataires reconnus, vous ne pouvez pas recevoir de reçu officiel pour réclamer un crédit d’impôt ou une déduction fiscale dans votre déclaration de revenus du Canada. » Les collectes menées par des particuliers, les groupes informels et la plupart des organisations étrangères ne sont pas des donataires reconnus. Leur donner peut être exactement ce que vous souhaitez faire; ce n’est simplement pas un don de bienfaisance au sens fiscal, et quiconque vous dit le contraire se trompe sur un fait facile à vérifier.

Être enregistré n’est pas être recommandé, et ce n’est pas nous qui le disons : l’ARC l’imprime sur la page de recherche elle-même — « L’enregistrement ne devrait pas être considéré comme une preuve de la crédibilité d’un organisme. » Cela signifie qu’une organisation a satisfait aux exigences et continue de produire ses déclarations. Cela ne dit rien de sa compétence en intervention d’urgence.

Pourquoi aucun ensemble de données ne peut vous fournir une liste d’organismes de secours

Les données ouvertes attribuent à chaque organisme enregistré l’un des trente codes de catégorie de l’ARC. Aucun ne correspond aux secours en cas de catastrophe ou de situation d’urgence. Ce que l’ARC en dit de plus proche se trouve dans ses directives aux donateurs, où le secours d’urgence est donné en exemple de la grande catégorie « d’autres fins qui sont utiles à la communauté » — dans une liste dont les autres exemples sont les refuges pour animaux et les bibliothèques. Ni l’une ni l’autre de ces classifications n’isole ce que vous cherchez.

Une liste d’organismes canadiens de secours d’urgence ne peut donc pas être produite à partir des données ouvertes. Chacune de ces listes est assemblée à la main, par quelqu’un qui applique son propre jugement sur qui y figure. C’est peut-être une excellente liste. Ce n’est pas un fait tiré du registre, et ce site n’en publiera pas, parce que présenter une sélection éditoriale avec l’autorité d’une donnée gouvernementale est exactement le geste qui rend un répertoire indigne de confiance.

Les directives de l’ARC renvoient à sa propre recherche pour la même raison, et ajoutent un fait utile lors d’une catastrophe majeure : le gouvernement fédéral verse parfois un montant équivalent aux dons faits à certains organismes enregistrés, et ces initiatives sont annoncées par Sécurité publique Canada pour les crises nationales et par Affaires mondiales Canada pour les crises internationales. Une annonce venue d’ailleurs n’en est pas une.

Pourquoi les chiffres de ce site ne vous aideront pas ici

L’année de déclaration complète la plus récente est 2024. Quelques conséquences concrètes :

  • Une intervention organisée cette année n’a aucune déclaration, et n’en aura pas avant longtemps après la fin de l’urgence.
  • Même parmi les organismes qui existent depuis des années, 12 390 des 95 806 du registre n’ont aucune déclaration de 2024 : la plus récente remonte à 2023 ou avant. L’absence d’une année ne prouve rien; il s’agit souvent d’un calendrier d’exercice et d’une file de traitement.
  • Un organisme nouvellement enregistré peut ressembler, dans ces données, à un organisme dormant.

C’est une limite des données, non une critique. Rien de ce qui est publié où que ce soit ne décrit l’intervention d’un organisme face à un événement survenu la semaine dernière. Le décalage de deux ans fait l’objet d’une note distincte.

Ce à quoi l’historique sert vraiment : si l’organisation qui sollicite existait avant la catastrophe, ses déclarations indiquent l’échelle à laquelle elle a fonctionné, à quoi son argent a servi, et si l’ampleur de l’appel est du même ordre de grandeur que tout ce qu’elle a déjà fait. C’est une vraie question, et les données y répondent.

Les signes d’alerte publiés par l’ARC

La Direction des organismes de bienfaisance publie une liste de ce à quoi ressemble généralement une arnaque liée aux dons. Elle vaut la peine d’être lue en entier; parmi les signes qu’elle nomme, il peut s’agir d’une arnaque si une organisation :

  • « vous pousse à faire un don immédiatement »;
  • « utilise un nom semblable, mais pas identique, à celui d’un organisme de bienfaisance connu »;
  • « vous demande de payer en argent, en cartes-cadeaux ou par mandat »;
  • « offre d’envoyer un service de messagerie pour ramasser l’argent »;
  • « a des solliciteurs qui refusent de vous donner des renseignements sur l’organisme ».

Son conseil sans détour — « Ne faites pas de don si vous vous sentez poussé à donner immédiatement ou si vous remarquez d’autres signes de fraude » — vise précisément les heures qui suivent une catastrophe, lorsque la pression est réelle et en partie autoproduite.

Un ordre de vérification qui fonctionne

  1. Cherchez l’organisation dans la liste de l’ARC. Si elle n’y est pas, décidez délibérément de faire un don sans reçu et sans organisme de réglementation.
  2. Lisez son propre site, ce que l’ARC recommande également : « en apprendre davantage sur l’organisation en visitant son site Web ».
  3. Faites le paiement à l’organisation elle-même, et non à un particulier. C’est aussi la formulation de l’ARC, et c’est le point commun de la plupart des signes d’alerte ci-dessus.
  4. Si elle existait avant cette semaine, regardez ce qu’elle a déclaré. L’échelle est la question à laquelle ses déclarations peuvent répondre.

Rien de tout cela n’exige ce site. Cela exige le registre de l’ARC, cinq minutes, et la volonté d’arriver un jour plus tard que ce que la sollicitation souhaitait.

Sources

  • Donataires reconnus, reçus en situation d’urgence et jumelage des dons par le fédéral : Faire un don permettant d’intervenir lors d’une catastrophe ou d’une situation d’urgence — Agence du revenu du Canada.
  • Signes de fraude et façon de donner judicieusement : Éviter les arnaques liées aux dons — Agence du revenu du Canada.
  • Confirmer l’enregistrement avant de donner, et les catégories d’enregistrement : Ce que vous devez savoir avant de faire un don — Agence du revenu du Canada.
  • Couverture des déclarations calculée à partir des données ouvertes de la Liste des organismes de bienfaisance de l’ARC, sous la Licence du gouvernement ouvert – Canada. Registre : 95 806 organismes; 83 416 ont 2024 comme année de déclaration la plus récente, ce qui en laisse 12 390 dont la plus récente remonte à 2023 ou avant (12 181) ou qui n’ont jamais produit de déclaration (209). Les trente codes de catégorie publiés avec l’ensemble de données (section 2.1) ne comportent aucune catégorie de secours en cas de catastrophe ou d’urgence.

Être avisé d’une nouvelle déclaration

Les organismes de bienfaisance produisent une déclaration à l’ARC une fois par année, et les chiffres de ce site changent à ce moment-là. Laissez votre adresse et nous vous enverrons un lien pour la confirmer.

Un seul type de courriel, aucune infolettre, et un lien de désabonnement dans chaque message.