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Pourquoi la plupart des organismes n’ont pas de « ratio de frais généraux »

Lire les données · Publié le 12 août 2026 · lecture de 3 min

Le chiffre que l’on cherche dans les finances d’un organisme de bienfaisance, c’est la ventilation : combien est allé au travail lui-même, combien au fonctionnement de l’organisation, combien à la collecte de fonds. C’est le chiffre que l’on cite, et il est à la base de toutes les infographies « où va votre dollar » que vous avez pu voir.

Pour la plupart des organismes canadiens, ce chiffre n’existe pas.

Ce que contiennent réellement les déclarations

Des 83 578 organismes ayant produit une déclaration pour l’année 2024 :

  • 14 672 — environ un sur six — ont déclaré les trois lignes : programmes de bienfaisance (5000), gestion et administration (5010), et activités de financement (5020).
  • 46 797 — 56 % — ont déclaré un montant pour les programmes sans aucune ligne pour les activités de financement.
  • 14 681 n’ont déclaré aucune des trois.

Il ne s’agit pas d’un évitement. La T3010 permet aux plus petits organismes de remplir une section simplifiée, et les trois lignes de répartition sont des composantes facultatives du total plutôt qu’une ventilation obligatoire de celui-ci. Un organisme qui laisse la ligne des activités de financement vide ne vous a pas dit qu’il ne dépense rien pour la collecte de fonds. Il ne vous a rien dit du tout à ce sujet.

C’est pourquoi chaque case vide sur ce site affiche « non déclaré » et jamais 0 $. Ce sont deux affirmations différentes, et une seule des deux figure dans les données.

Ce que mesure le ratio là où il existe

Là où les trois lignes sont remplies, les parts sont calculées sur la ligne 4950 — les dépenses totales avant les dons à d’autres donataires reconnus. Cette dernière précision compte. Une fondation dont la raison d’être est de redistribuer des fonds à d’autres organismes fait passer l’essentiel de son argent par la ligne 5050, qui se situe entièrement en dehors de la ventilation. Sa « part consacrée aux programmes » peut sembler faible alors qu’elle fait exactement ce pour quoi elle existe.

Deux autres facteurs auxquels le ratio est sensible, et dont aucun ne concerne la qualité de la gestion :

La répartition des coûts relève du jugement. Un employé qui anime un programme le matin et rédige une demande de financement l’après-midi doit être réparti entre deux lignes par quelqu’un. Deux organismes au comportement identique peuvent déclarer des ratios visiblement différents selon la prudence de leur répartition. Aucune vérification ne vient trancher : la T3010 est produite par l’organisme lui-même.

Une année n’est pas un régime permanent. Un organisme qui a passé 2024 à bâtir quelque chose — une installation, une réserve, un fonds de dotation — déclare une faible part consacrée aux programmes pour une année qui fut, de son propre point de vue, la plus productive. Le ratio décrit douze mois de mouvements de trésorerie, pas une mission.

Le passage où nous disons ce que nous ne faisons pas

Les organismes de réglementation et les regroupements du secteur plaident depuis des années contre l’idée de classer les organismes selon leurs frais généraux, et la raison n’a rien d’une pudeur : le ratio récompense les organismes qui sous-investissent dans le personnel, les systèmes et la capacité de collecte de fonds qui les rendent efficaces, et il pénalise une répartition honnête. Un organisme peut améliorer son ratio en dépensant moins pour ce qui lui permettrait de croître.

Ce site présente donc la ventilation là où elle a été déclarée, précise la base sur laquelle elle est calculée, et s’arrête là. Aucune note, aucune cote, aucun palmarès, aucune liste d’« organismes efficaces ». Là où une comparaison est offerte, il s’agit d’une position dans une distribution d’organismes de la même catégorie de l’ARC ayant déclaré la même ligne — ce qui décrit une distribution plutôt que de juger l’un de ses membres.

S’il ne fallait retenir qu’une chose : une faible part consacrée aux programmes est une question, pas une réponse. L’explication la plus fréquente tient à la façon dont un formulaire a été rempli.

Sources

  • Décomptes calculés à partir des données ouvertes de la Liste des organismes de bienfaisance de l’ARC, année de déclaration 2024, sous la Licence du gouvernement ouvert – Canada. Déclarations : 83 578. Les trois lignes de répartition déclarées : 14 672. Programmes déclarés sans ligne pour les activités de financement : 46 797. Aucune des trois : 14 681.
  • Définitions des lignes tirées du dictionnaire de données T3010 publié avec le même ensemble de données.

Être avisé d’une nouvelle déclaration

Les organismes de bienfaisance produisent une déclaration à l’ARC une fois par année, et les chiffres de ce site changent à ce moment-là. Laissez votre adresse et nous vous enverrons un lien pour la confirmer.

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